Mon allocution au Conseil municipal dans le cadre du Débat d’Orientation Budgétaire

La situation révélée par ce document d’orientation budgétaire est tout de même assez tragique. Une dette énorme que nous aurons du mal à résorber, des emprunts toxiques qui pollueront encore longtemps nos finances, un budget faible, une masse de contribuable faible et dans le même temps un besoin social et en sécurité intense du fait de la sociologie de notre ville qui n’arrive pas à s’échapper des voies de la ghettoïsation.

Voilà l’un des rares moments où je me satisfais presque de ne pas être installé dans votre fauteuil, monsieur le Maire, car si nous avions gagné en mars dernier, nous aurions hérité de cette situation due à des années de mauvaise gestion financière, de choix orientés par les copinages et l’idéologie. Voilà l’héritage que nous aurait laissé le communisme qui a pour habitude de laisser exsangue toutes les communes qu’il gère, c’est bien connu. Partout le même bilan, obligeant les maires de droite, mais également les maires de gauche modérée à des choix difficiles, à des économies drastiques pour réunir les conditions d’une gestion de « bon père de famille ».

Nous voilà donc confrontés à une situation budgétaire très étriquée vous le reconnaissez bien volontiers et on ne peut que vous en féliciter.

Toutefois nous ne pouvons pas vous féliciter de la mauvaise fois dont vous faites preuve une nouvelle fois notamment lorsque vous écrivez que grâce à vos grèves, manifestations ou autres coups de com qui n’avaient pour seul but que d’endormir les Stanois, la ville a obtenu 1,2 million d’euros de rallonge sur le budget. Cette rallonge de la DSU était prévue d’avance et compense d’ailleurs entièrement la diminution de la DDU pour laquelle vous avez eu de manière indécente, l’attention des médias. Je dis indécente car vous avez donné une image déplorable de notre commune, cette image qui colle surtout à la peau de ses habitants, cette image méprisante, demandant presque l’aumône. Quel intérêt, Monsieur Taibi d’aller montrer au pays, devant les caméras, à quel point nous sommes pauvres.

Si nous comprenons le sens de l’action, nous ne pouvons qu’en réprouver les méthodes. Au misérabilisme nous préférons la dignité et la fierté d’être stanois, en toutes circonstances et encore plus face à l’extérieur.

D’autant plus que nous détenons des leviers pour faire des économies. Lorsque vous faites régulièrement le choix d’affecter des services à certaines associations ou syndicats, notamment les plus proches vos idées politiques ou de vos intérêts des locaux qui pourraient leur être loués, lorsque vous décidez de verser des subventions, parfois conséquentes dans des buts politiques, je veux rappeler l’association des amis d’un journal communiste martiniquais, je veux parler des subventions aux syndicats, je veux parler d’opérations ayant lieu à l’étranger (nous pensons à Stains pour tous qu’étant données nos conditions financières l’argent des Stanois doit servir aux Stanois). Je veux parler également et nous en aurons l’exemple tout à l’heure au dernier point à l’ordre du jour d’un festival n’ayant même pas lieu à Stains.

Nous sommes contraints, oui, mais en faisant le choix de ces économies nous pourrions atteindre le chiffre de 35 agents de Police municipale et des caméras de vidéoprotection pour assurer la sécurité des Stanois, nous pourrions réfléchir à la restauration et l’extension de notre hôtel de ville pour la fierté de Stains plutôt qu’une dispersion géographique des services aux 4 coins de la ville.

Nous sommes contraints mais cela ne nous empêche pas de ne pas nous poser la question de la légalité de la prorogation d’une convention avec un aménageur à la Cerisaie et aux trois-rivières qui nous coute 1 million d’euros par an pour l’une et 3 500 000 de solde pour l’autre. Je vous avais posé la question l’année dernière en conseil et j’ai eu droit pour seule réponse de votre part une broderie de mots sans aucun sens collés les uns aux autres, galvaudés pour mieux endormir. Cela ne marche pas. Je veux une réponse précise.

Ce débat d’orientation budgétaire commence donc mal mais vous donne l’occasion de répondre à nos questions. Sauf si, comme à votre habitude vous préférez déformer nos propos et ne répondre qu’à ce que vous voulez. Nous y sommes habitués.

Evidemment, nous ne pourrons pas faire l’impasse sur une école au toit qui s’effondre, un réfectoire à rafraichir ou la réfection de la halle du marché.

Mais nous aimerions aller plus loin, en finir avec le discours misérabiliste sur la pauvreté de Stains. Explorons les voies à contresens de la ghettoïsation, disons que nous sommes le département le plus dynamique de France en termes de création d’entreprise. Disons que notre gout du système D peut se révéler une véritable force pour nous en sortir et faire que chacun ait le gout d’entreprendre pour apporter des sous à la collectivité.

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A propos julienmugerin

Chef de l'opposition municipale à Stains, je me bats avec mon équipe pour une ville belle, sûre et à vivre.
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