La Seine-Saint-Denis, Stains

Stains, ville sous perfusion porte plainte contre l’Etat

Il y a quelques jours, le Maire de STAINS entouré d’une poignée de maires de Seine-Saint-Denis annonçait dans une conférence de presse porter plainte contre l’Etat pour abandon. Mais Stains est-elle vraiment abandonnée ?

Le constat d’un recul de l’Etat dans notre beau département est désormais partagé par tous : même le Premier ministre reconnaissait cette inégalité devant les parlementaires qu’il recevait à déjeuner en septembre dernier. Justice, scolarité, sécurité, etc dans de domaines, alors que le besoin est plus fort chez nous qu’ailleurs l’investissement financier est moindre. Il faut désormais aller au-delà du constat et exiger des actes, c’est vrai.

Cette réalité est avérée à Stains comme dans toute la Seine-Saint-Denis. Mais Stains est loin d’être la plus à plaindre…

Il y a tout d’abord la rénovation urbaine : depuis 20 ans l’Etat a accru son intervention dans nos quartiers populaires, particulièrement sous Chirac et Sarkozy, avec 4 quartiers rénovés (Clos St Lazare, Moulin neuf, Maroc et Cité Jardin) et bientôt la Prêtresse. Cette rénovation urbaine a été rendue possible à coup de millions par l’Etat.

Il y a ensuite les nombreux projets et associations soutenus par l’Etat au titre de la politique de la ville.

D’autre part, comme vous pourrez le voir dans cet article du Parisien, Stains est l’une des villes les plus accompagnées du département : avec 635€ par habitant en 2018, nous sommes la 2e ville où la dotation globale de fonctionnement est la plus forte après Clichy sous bois. Cette dotation est une somme donnée par l’Etat à la mairie pour qu’elle puisse fonctionner. A cela s’ajoutent de nombreuses autres dotations, toutes calculées en fonction du nombre d’habitants mais surtout de la fragilité sociale des populations et des recettes de la ville.

Techniquement, la Municipalité a tout intérêt à ce que la ville soit pauvre économiquement et socialement, ce qui lui assure des rentrées d’argent importantes dans les caisses.

Cet intérêt est aussi sur le plan personnel : les indemnités des élus sont majorées dans les communes attributaires de la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale.

Le but de cet article n’est pas de nier les manquements de l’Etat qui sont réels mais de rappeler qu’Azzedine Taibi se garde bien de dire dans ses conférences de presse qu’il est à la tête d’une ville sous perfusion de l’Etat.

Une fois encore toute la vérité n’est pas dite. Bien des problématiques rencontrées par les habitants peuvent être traitées à l’échelle locale. Pour Azzedine Taïbi c’est tellement facile de rejeter toute la faute sur quelqu’un d’autre, surtout quand il s’agit de l’Etat. Malgré une succession de mauvais choix bien choisis sur la mixité sociale, l’économie ou encore la sécurité cela lui donne l’air d’agir : voilà tout ce qui compte pour lui.

A la lecture de ces informations, vous pourrez juger en toute connaissance de cause.

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Stains

La banlieue attend encore Macron

Mardi 22 mai, le Président de la République présentait ses orientations pour les quartiers populaires. Cet évènement a laissé sur leur faim de nombreuses personnes parmi ceux qui agissent pour la banlieue : j’avoue comprendre leur déception.

J’ai vu un Président qui avait compris une partie des attentes des habitants mais qui restait malgré tout en décalage avec la réalité de nos quartiers. Dire qu’on ne veut pas annoncer un énième arsenal de mesures, c’est faire offense aux précédents plans banlieues dont certains ont profondément métamorphosé nos lieux de vie : rien qu’à Stains, la rénovation urbaine de CHIRAC à SARKOZY, c’est la rénovation du Moulin neuf, du Clos St Lazare, de la Cité jardin et du Maroc. Ils ont permis la mise en place de la politique de la ville qui accompagne tant de familles, d’associations ou encore le programme de réussite éducative qui lutte contre l’échec scolaire, mais également la violence des jeunes, les comportements à risque, etc…

Rejeter les élus locaux qui sont souvent les derniers sur le terrain à garantir la présence de la République en ne parlant que de clientélisme relève d’une grande méconnaissance du terrain. Oui tous les élus locaux ne se valent pas et c’est bien la raison de mon combat à Stains. Mais il ne faut pas faire d’amalgame : à gauche comme à droite, beaucoup d’élus font tout ce qui est en leur pouvoir (et même plus !) pour rattraper les désengagements, les loupés et tout cela sous les contraintes de l’Etat.

Le nouveau monde, ça ne peut pas être cela surtout lorsque le rapport d’un parlementaire du 93, Stéphane Peu (PCF) déclare, à raison, que l’Etat est en recul dans notre département. Le rééquilibrage naturel par un simple changement de méthode ne peut pas suffire : notre territoire cumule difficultés sociales, économiques, sécuritaires, citoyennes, etc. Nous avons besoin d’un véritable rattrapage, d’une ambition mais aussi d’ordre et de fermeté.

J’irais plus loin en précisant que la République est en recul dans certains de nos quartiers : lorsque la France ne maitrise pas son immigration au risque d’accroître l’échec de l’intégration, lorsque les trafics locaux, pourtant connus de tous, se déploient en toute liberté, lorsque la police nationale répond qu’elle ne dispose que d’une voiture la nuit à Stains et qu’elle ne peut pas intervenir pour les petits délits qui rendent infernale la vie dans certaines barres d’immeuble. Dans chacune de ces situations la République est absente.

Cette conférence n’a pas été décevante à tous points de vue : il était rassurant d’entendre le Président de la République exprimer son refus de la légalisation du cannabis. Je retiens également les 30 000 stages de 3e tout en m’interrogeant sur la faisabilité d’un tel chiffre, le testing dans les entreprises pour déceler les discriminations à l’embauche, la communication aux maires des personnes fichées S (enfin), etc…

Je me réjouis aussi qu’Emmanuel Macron parle d’accompagner les communes dans le renforcement de leur police municipale. Mais encore une fois, cela ne doit pas faire oublier que l’Etat doit demeurer le 1er acteur de sécurité même si les maires doivent également contribuer à la coproduction de sécurité. Stains est l’exemple même d’un quartier où les effectifs de police doivent augmenter. Cela pourrait éviter les situations telles que celle que j’ai vue encore hier soir : des jeunes trafiquants tellement à l’aise qu’ils se permettent de jouer à minuit au foot sous les fenêtres de voisins qui n’osent pas appeler la police… ou n’essayent même plus car cela n’en vaut pas la peine. La peur n’est pas dans le bon camp !

Stains

Droit de réponse au journal 7 jours à Stains

Mis en cause personnellement dans le journal 7 jours à Stains, je souhaitais pouvoir répondre.

En effet, à la lecture de la presse nationale et locale, le quartier de la Prêtresse de Stains ne figure pas parmi les 43 quartiers repêchés en Ile de France. Si tel est le cas c’est une excellente nouvelle pour les habitants de ce quartier excentré qui se sentaient abandonnés de tous.

Je connais bien ces difficultés pour avoir rencontré les habitants à de nombreuses reprises.

Pour leur cadre de vie, priorité de notre groupe, Stains pour tous, je dis bravo et félicite sans exception tous ceux qui ont agit pour que la Prêtresse ne soit pas oubliée par le Gouvernement. 

J’appelle de mes vœux une même mobilisation pour René Boin et Jean Lurçat vieillissantes dont certains murs s’effritent.

En revanche, toujours dans le cas où cette information était avérée, il est dommage que l’ensemble des élus ne soient pas tenus informés par la Mairie. Cette affaire est malheureusement à l’image du traitement auquel est soumise l’opposition municipale à Stains. Je n’ai à cette heure aucune certitude sur les informations annoncées par le 7 jours à Stains.

Julien Mugerin

Stains

Stains Parent pauvre de l’ANRU ère Hollande

Aucun quartier de Stains retenu par l’ANRU version Hollande.

La Prêtresse non, Louis Bordes pas besoin, Lurçat et Boin tout va bien.

Seul le Clos poursuivra sa rénovation.

Pour rappel sous Chirac et Sarkozy c’est le Clos, Moulin neuf, la Cité jardin entière qui ont bénéficié d’une rénovation.

Et dire que 73% de Stanois ont voté Hollande pour être aussi rapidement oubliés…

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Stains

Voici le futur centre commercial du Clos Saint-Lazare

Extrait du Parisien de ce jour

LA RENAISSANCE du square Molière passe par la livraison au second semestre 2015 de nouveaux commerces. La ville de Stains dirigée Azzedine Taïbi, maire PC, a choisi un nom de baptême plutôt inattendu pour un tel équipement : Jean Ferrat, chanteur engagé décédé en 2010 et compagnon de route du parti communiste.

Un petit supermarché et sept nouvelles enseignes vont voir le jour là où toutes les boutiques avaient baissé depuis longtemps le rideau dans la cité du Clos Saint-Lazare. Vaste dalle entourée de deux tours et d’une barre de logements sociaux, le square Molière incarnait toutes les tares de l’urbanisme des années 1970.

Un lifting à 3 M€

Les 25 locaux commerciaux situés en rez-de-chaussée étaient enclavés et vacants depuis plusieurs années. Mardi, Carole Delga, secrétaire d’Etat au commerce, à l’artisanat à la consommation et à l’économie solidaire, a posé la première pierre de cet ensemble qui verra éclore un petit supermarché, une boulangerie, une pharmacie, un salon de coiffure, un café presse PMU, un restaurant rapide et une boucherie.

C’est l’Epareca, l’établissement public d’aménagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux, qui a acheté les locaux commerciaux à l’Office public de l’habitat Seine-Saint-Denis en charge de la maîtrise d’ouvrage. Il commercialisera la totalité des boutiques et la supérette.

Le nouveau pôle commercial, qui doit coûter 3 M€, s’installera au pied d’une résidence de 33 nouveaux logements aménagée par l’OPH de Seine-Saint-Denis.

Cet équipement commercial parachève le grand projet de rénovation urbaine du quartier du Clos Saint-Lazare et de ses 8 000 habitants (le quart de la population de Stains) dont fait partie le square Molière. Il sera à la jonction de deux secteurs urbains importants en mutation : le quartier du Clos Saint-Lazare et le futur écoquartier des Tartres.

Autour de cet espace revu et corrigé, s’élèvera la Place Mandela, bordée par la Maison du Temps Libre, déjà construite.
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Saint-Denis

Ma visite de l’exposition « Toit et Moi » de Plaine Commune

Depuis cette semaine, l’exposition «Toit et Moi » célébrant le centenaire du Logement social se tient dans la salle de la Légion d’Honneur de Saint-Denis. Je l’ai visitée ce samedi.

Au-delà de la genèse du logement social et de son évolution depuis cent ans, qui y sont exposées avec talent, on a le sentiment d’une opportunité saisie par Plaine commune  pour être présente dans la campagne présidentielle et surtout, pour son président Patrick BRAOUEZEC, député communiste sortant, de commencer les élections législatives.

Centre-ville de Saint-Denis
Centre-ville de Saint-Denis

Certains trouveront cette histoire légèrement orientée politiquement : ils ne s’étonneront donc pas de la furtivité de l’épisode « Rénovation urbaine ». L’ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine) lancée par Jean-Louis BORLOO aura beau correspondre à 10 ans de cette histoire du logement social, enclencher une véritable métamorphose des quartiers populaires, engranger 12 milliards d’euros depuis son lancement, mobiliser énergies, agences, politiques, etc mais son principal problème est d’avoir été lancée par la droite de Jacques CHIRAC et poursuivie et amplifiée par Nicolas SARKOZY.

Cela devait faire tâche dans cette expo à la gloire de ces élus de gauche et autres syndicats qui auraient été les seuls artisans du logement à loyer modéré.

Oublié le consensus gauche/droite de la sortie de la guerre sur la nécessité de logement social et l’action du Gouvernement Gaulliste à cette époque.

Mais oubliés aussi, les premiers rapports qui dès les années 60 manifestaient quelques doutes sur les grands ensembles locatifs. Pourtant fin 80 la Ville de Saint-Denis construisaient un centre-ville tout-béton dont les locataires se plaignent des défauts de conception, dont quelques uns réprouvent la beauté architecturale et qui sont aujourd’hui de véritables labyrinthes au profit des délinquants en tous genres.

Comme à leur habitude, le Patrick BRAOUEZEC et Stéphane PEU, Président de Plaine Commune Habitat, érigé en véritable star sur écran géant dans cette exposition présente une histoire biaisée avec morceaux choisis et qui crédibilisent les erreurs urbanistiques de leurs prédécesseurs.