Stains

Interview «J’espère être à la tête de cette alternance en 2020»

img_4992-1Rencontre avec Julien Mugerin, conseiller municipal de Stains et conseiller territorial à la Plaine-Commune. Il incarne le renouveau et la jeunesse de la droite et du centre dans la ville de Stains en Seine-Saint-Denis.

Quelles études avez-vous fait ?

J’ai fait des études de Sciences-politiques à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Actuellement, quelles sont vos occupations ?

Je travaille dans une collectivité territoriale et je suis également élu municipal et territorial pour la ville de Stains.

En quoi consiste chacune de vos missions ?

Nous allons plutôt parler de mon «job» d’élu. En tant que conseiller d’opposition, je défends les Stanois, non seulement ceux qui nous ont fait confiance mais tous les habitants. Ils ont été 42 % en 2014, nous défendons leurs intérêts, en faisant de sorte que la ville soit mieux gérée, qu’elle soit fière d’elle-même, que ces richesses soient mises en valeur. Nous voudrions que chaque Stanois puisse avoir un avenir. Ce n’est pas facile tous les jours et cela nous occupe beaucoup.

Est-ce un travail à temps plein ?

Non, je le fais en dehors de mon propre métier avec le temps qui nous reste, parce que je ne suis pas payé pour être conseiller municipal de Stains. On donne du temps en plus parce qu’on y croit et parce que c’est important pour nous.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire de la politique ?

Cela date d’il y a très longtemps, j’avais 18 ans. Je n’ai pas été intéressé à la politique avant, car je suis issu d’une famille apolitique. À 18 ans, il y avait un homme qui parlait très souvent à la télévision et son discours me plaisait bien, cet homme-là, c’était Nicolas Sarkozy. À partir de cette époque, je me suis trouvé des valeurs de droite. Pour moi, la politique c’est un moyen d’agir pour défendre ce en quoi on croit. Je me suis donc engagé en politique et puis j’ai essayé de changer les choses aussi bien au niveau local, mais aussi au niveau national, car les élections nationales ont un impact sur la vie de tous les citoyens.

Nicolas Sarkozy est votre mentor ?

C’est mon moteur, c’est lui qui m’a fait démarrer en politique. Cette passion vient un peu de lui. Mais entre-temps l’eau a coulé sous les ponts, j’ai évolué lui aussi a évolué et nos routes se sont séparées. Ce qu’il a communiqué dans les années 2003 est toujours en moi, c’est-à-dire cette façon de considérer que la politique ne doit pas être uniquement menée par les anciens mais aussi être un élément qui peut apporter du sang neuf. La politique, c’est celle qui trouve des solutions et pas celle qui vit sur ces acquis. Elle doit évoluer avec son temps, avec les questions qui lui sont posées, mais aussi en adéquation avec l’évolution de la population. La politique doit être à l’avant-garde, c’est aussi cette vision qui fait que pour moi la France se gouverne au centre et à droite.

Voudriez-vous évoluer dans votre carrière politique et vers quoi ?

Je n’y pense pas vraiment. Aujourd’hui, l’intérêt est de proposer une alternative aux Stanois : nous avons tenté une aventure en 2014 qui n’a pas aboutie même si ce qu’on a réussi à faire est totalement novateur (première fois qu’il y a eu un deuxième tour aux élections municipales de Stains). Cette alternative, nous ne pouvons pas la proposer aujourd’hui sachant que les élus actuels de la majorité municipale n’ont pas envie que les choses changent, le système qu’ils ont mis en place les arrange bien. Les inégalités, les injustices et la mauvaise vision de notre ville perdurent, la seule solution, c’est de les remplacer. Avec mon équipe, nous travaillons à une alternance : c’est pour cela que nous avons créé le 18 octobre 2014 un mouvement dans la foulée des élections, qui a pour but de rassembler tous ceux qui partagent notre idéal d’une ville sûre, fière et à vivre, un mouvement qui rassemblent les Stanois quels que soient leurs origines, leur quartier, leur sensibilité politique, etc. C’est pour cela que nous l’avons appelé STAINS POUR TOUS. C’est un mouvement qui grandit peu à peu : aujourd’hui les gens nous connaissent plus et nous font plus confiance qu’en 2014. Je remercie les personnes qui nous y ont rejoints et qui y agissent à nos côtés.

Allez-vous vous représenter au poste de maire de Stains ?

J’y travaille. Sur le terrain, nous rencontrons beaucoup de Stanois qui nous disent de ne rien lâcher et de continuer parce que cela en vaut la peine. On a de plus en plus de gens qui nous rejoignent : il faut donc être à la hauteur de leur attente. 2014 n’était pas une lubie, j’ai une responsabilité, 2020 c’est demain et je serai là pour répondre à ce défi.

Que proposeriez-vous pour Stains ?

La thématique phare pour nous, c’est le rétablissement de la fierté stanoise. Et pour cela il y a des priorités. Comme la sécurité par exemple. C’est un problème central : les gens se font agresser et les entreprises ne viennent pas ou plus, car le territoire n’est pas attractif.
En ce qui concerne l’emploi, on a une image de la ville qui se déverse sur les personnes en recherche d’emploi. On a un certain nombre de défis auxquels nous devons faire face pour lesquels la sécurité est un enjeu majeur. Après cela, il y a la question de la mixité sociale, on ne peut pas continuer à construire la ville telle qu’elle s’est construite : on atteint presque les 70 % de logement social. Qui dit logement social dit difficultés sociales et une ville qui n’a pas les moyens financiers ne peut pas se charger des personnes qui ont des besoins sociaux. Il faudrait donc faire venir une autre population et on retombe dans notre thématique de la sécurité. Nous pouvons ajouter que la fiscalité sera un vrai problème, les Stanois ont l’impression que les impôts augmentent et c’est une vérité. Il ne faudrait pas puiser dans les poches des Stanois qui se saignent aux quatre sangs pour pouvoir subvenir à leurs propres besoins, la fiscalité sera une véritable préoccupation.
On va aussi travailler sur le développement et l’attractivité de la ville, on aura une autre vision de la politisation de l’action municipale, pour nous l’argent des Stanois devra avant tout bénéficier aux Stanois, il est hors de question que l’on envoie de l’argent à l’étranger comme c’est le cas aujourd’hui. On gaspille de l’argent sur des choses sur lesquelles nous ne devons pas intervenir en principe et qui ne concerne pas les habitants. Les vraies préoccupations des Stanois sont mises de côté.
Tous les projets que nous proposons sont retoqués, soit parce que politiquement cela ne leur convient pas soit parce que financièrement cela n’est pas possible. On essaye simplement d’expliquer que si l’on ne dilapidait pas autant d’argent pour la politique politicienne et bien, on en aurait un peu plus pour répondre aux attentes des Stanois.

Pour vous, les réseaux sociaux sont-ils essentiels autant dans votre communication au quotidien que lors d’une campagne ?

Nous sommes très présents sur les réseaux sociaux. Stains pour tous a un Facebook, moi-même, j’ai un Facebook et un Twitter sur lesquels je m’exprime assez régulièrement et bien sûr en campagne, c’est très important. À l’avenir, cela sera encore plus à développer.

La politique locale est-elle importante pour vous ?

Bien sûr, c’est ce qui me passionne. C’est s’occuper des vrais problèmes des gens.

En ce qui concerne la politique nationale le bilan du quinquennat de F.Hollande approche, quel est votre sentiment sur ce qu’il a pu faire ?

Rires… Cela se résume en une seule petite phrase moi président, cette litanie qu’il a faite en 2012 pendant le débat qui l’opposait à Nicolas Sarkozy. On se rend compte que chacune des promesses qu’il avait faite à ce moment-là, il y a renoncé… Le bilan est mauvais, autant en politique qu’en économie. Au niveau international, il a sauvé les meubles mais surtout, la place de France parmi les plus grandes puissances mondiales a reculé. La France a du mal à reprendre des couleurs suite à la crise économique de 2008, on est en retard sur nos voisins européens. Il a opposé les Français entre eux et a fait preuve de beaucoup de maladresse. Avec son mandat, la France n’en ressort pas renforcée, les électeurs ont envie de changement, pourtant le changement s’était censé être lui.

Quel candidat à la primaire de la droite vous attire le plus et pourquoi ?

J’ai choisi de soutenir Bruno le Maire parce que je trouve qu’il incarne ce que je voyais en Sarkozy en 2003: ce renouvellement de la vie politique. Avec Bruno le Maire, il y a des solutions aux problématiques qui nous concernent notamment pour Stains, quand sur le point de la sécurité, il propose que l’on revienne aux effectifs de police de 2007. Il y a des choses à rattraper, des manquements à l’époque des gouvernements de droite, encore plus sous Hollande et je pense que Bruno le Maire serait à la hauteur.

Pensez-vous que les programmes politiques ou les idées des candidats sont réalisables ?

Il y a forcément un peu d’utopie, quelques aspects qui sont choisis pour créer l’envie on ne va pas se mentir. Après pour la plupart leurs programmes peuvent être mis en application. La seule question c’est est-ce que leurs solutions sont les bonnes et répondront aux besoins du pays ?

Quelles seraient les solutions pour remédier aux problèmes de la France ? (Insécurité, chômage…)

Aujourd’hui, l’essentiel est de comprendre que les Français ont besoin d’être rassemblés et rassurés. Le président doit être à la hauteur des défis en matière de sécurité (avec la menace des attentats), de chômage, d’éducation… Sans inquiéter la population chaque matin. Ils ont envie que l’on parle vrai à travers un discours clair.

Pensez-vous que la gauche a encore une petite chance de repasser?

Oui, malgré son mauvais bilan elle a toutes ses chances. Hollande, c’est l’homme politique qui a toujours une entourloupe dans son sac. Il ne faut surtout pas le sous-estimer ou l’enterrer trop vite. En face, on a la droite la plus bête du monde comme disent certains : les discordes autour de la primaire peuvent diviser mais j’espère qu’elle saura se rassembler derrière le candidat choisi, quel qu’il soit. Si nous partons divisés, la gauche a toutes ses chances de passer. En plus, ma petite expérience politique m’a appris que la gauche sait toujours se rabibocher, elle a le réflexe d’union que la droite n’a pas.

Entretien réalisé par Caroline Bardot, étudiante stanoise en journalisme 

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